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Aix polluée ? PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 10 Avril 2009 18:30

 Suite à la sortie de l'Express du 2 avril 2009 et à la polémique sur la pollution de l'air, Aix Citoyenne vous livre le point de vue de Patrice Halimi, chirurgien orthopédiste, pédiatre à Aix et cofondateur de l'association Santé environnement Provence ...

 

Quel air respire-t-on à Aix ? 

Selon la Communauté Européenne, 177 personnes meurent chaque année prématurément dans l' agglomération de Marseille-Aix et ce, en raison des pollutions routières. A-t-on oublié que ces décès pouvaient être évités ? Il est vrai que l'on néglige souvent dans nos réflexions l'importance de la qualité de l'air sur la santé. Pourtant, son impureté est essentiellement due à l'usage abondant des voitures, lui-même induit par la structure des villes. Des villes qui généralement ne proposent pas de réseau de transports en commun efficaces. Il devient donc urgent d' y remédier.

Aix-en-Provence doit faire face à deux sources principales de pollutions : les industries de l'étang de Berre et les voitures. Elles émettent en grande quantité de l'ozone, mais aussi des microparticules 10 et 2,5 ­ reconnues comme potentiellement cancérigènes. A Aix-en-Provence, leurs taux moyens sont trois fois plus élevés que les normes recommandées par l'Organisation Mondiale de la Santé. Lors des heures de pointe, les taux enregistrés sont même huit à neuf fois supérieurs à ces normes. D¹un point de vue sanitaire, la pollution permanente de l'air est un réel problème. Elle attaque les poumons favorisant l'asthme et les infections ORL. Selon l'étude ISAAC, les enfants vivant ou allant à l'école à proximité de grands axes routiers ont cinquante pour cent de chance de plus de devenir asthmatique que les autres. D'autres organes comme le cœur ou le cerveau sont également endommagés. Ainsi, le risque d¹infarctus du myocarde est multiplié par trois après exposition au trafic.

Face au développement de ces pathologies, que peut-on faire pour limiter le rejet de ces particules dans l'air? Pendant de nombreuses années, le développement urbain d 'Aix-en-Provence, comme de beaucoup d'autres villes françaises, s'est basé sur une utilisation maximale de la voiture. On travaillait en centre ville et on dormait en périphérie. Ainsi, beaucoup de personnes ont pu acquérir une maison individuelle, acceptant pour acheter moins cher de faire plus de kilomètres. Aujourd'hui, ce système a atteint ses limites. Il est inconcevable de continuer à penser la ville en fonction du pétrole et ce, pour des raisons écologiques et économiques. Pourtant, à l'heure actuelle, les infrastructures reliant Aix à sa périphérie sont saturées par l'affluence de voitures. Ceci est en partie le résultat du manque de coordination des différentes collectivités territoriales concernées. Ainsi, aujourd'hui encore, le développement de la Duranne et de l'Arbois est basé sur la voiture et non sur les transports en commun.

Aix est une très mauvaise élève dans ce domaine. En effet, c'est la grande ville de France qui utilise le moins les transports collectifs avec 52 voyages par an et par habitants contre 210 pour Lyon. La ville a pourtant fait des efforts : aménagement de couloirs de bus, de parcs relais ou encore de parcs de vélos en libre service. Cependant, il semble qu'ils se soient révélés insuffisants et pour cause. L'effort budgétaire municipal pour les transports en commun s'élève seulement à 30 euros par habitant et par an ; alors que la moyenne en France s'élève à 83 euros. Or, pour que l'on préfère les transports en commun à sa voiture, il est indispensable que la qualité des services en termes de régularité, de cadence et de couverture du territoire soit irréprochable. Pour ce, il est nécessaire que la voirie soit favorable aux transports en communs. Cet aménagement doit être assorti d'une politique de stationnement adaptée. Enfin pour que tout ceci puisse se faire, il est évidemment indispensable de trouver un financement adapté. De nombreuses villes y sont parvenues, Aix y arrivera aussi.

Il est réellement important de faire naître un réseau de transport en commun qu'il s'agisse d'un tram ou d'un flotte de bus à haut niveau de service (BHNS). A l'heure actuelle, on ne peut plus raisonnablement penser le développement urbain sans les transports en commun.

Gardons à l'esprit cette phrase de Bergson « L'avenir n'est pas ce qui arrivera, mais ce que nous en ferons ».

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Mis à jour ( Vendredi, 10 Avril 2009 22:06 )
 
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